Histoire
Le château médiéval, sans doute bâti au début du XIIIe siècle, comprenait une enceinte flanquée de tours d’angle et un donjon. Au XVIe siècle, ses coseigneurs comptent le cardinal Claude de Longwy de Givry et sa nièce Françoise de Longwy, épouse de l’amiral Philippe Chabot. Le cardinal transforme le château entre 1540 et 1550 environ, et le roi François Ier y séjourne en 1534 et 1535.
Le 5 juin 1595, Henri IV remporte la bataille de Fontaine-Française contre la Ligue et l’armée espagnole. Les combats se déroulent à l’est du village, et le roi charge lui-même dans la mêlée pour dégager son avant-garde, inférieure en nombre. Lorsque la Franche-Comté devient française, en 1678, la forteresse perd son rôle frontalier. En 1754, François-David Bollioud de Saint-Jullien, receveur général du clergé de France, décide d’en faire une résidence classique plus confortable.
L’architecte parisien Souhard mène les travaux pendant quatre ans, en réemployant une grande partie des anciens murs. Madame de Saint-Jullien reçoit les écrivains de son salon parisien, dont Voltaire, son ami et correspondant pendant douze ans. Madame de Staël y aurait commencé son roman Corinne en 1805. Le château passe ensuite à la famille de Chabrillan, dont les armes ornent aujourd’hui le fronton. Il est classé en 1945, son parc en 2023.
Architecture
Le château se compose d’un corps central et de deux ailes autour d’une cour. Ses fenêtres, hautes de 4,5 mètres, sont ornées de mascarons allégoriques, et un dôme à deux horloges couronne le centre. À l’intérieur, un double escalier de pierre mène à une longue galerie. Le parc régulier compte 372 tilleuls taillés en arcades, des ifs en topiaire et un monument à Henri IV.