Ce que vous verrez
La visite s’appuie sur une maquette 3D, un film et des bornes de réalité augmentée pour faire renaître autour de vous l’église disparue. Placez-vous ensuite dans le bras sud du grand transept, haut de près de 30 mètres, sous le clocher octogonal de l’Eau-Bénite, le seul des quatre à subsister. Parcourez le vaste cloître du XVIIIe siècle, puis découvrez le Farinier du XIIIe siècle, dont la charpente de chêne abrite huit chapiteaux du chœur de Cluny III.
Histoire
Le 11 septembre 910, Guillaume le Pieux, duc d’Aquitaine et comte de Mâcon, fait don d’un domaine carolingien au bord de la Grosne pour fonder une abbaye bénédictine. Il la place directement sous la protection du pape, indépendante des seigneurs et des évêques locaux, et choisit Bernon pour premier abbé. Sous des abbés comme Odon, Odilon et Hugues de Semur, Cluny réforme des monastères dans toute l’Europe et constitue un vaste réseau de prieurés.
En 1088, l’abbé Hugues lance la construction d’une troisième église, connue sous le nom de Cluny III ou Maior Ecclesia. Ses voûtes s’élèvent à plus de 30 mètres et, pendant près de quatre siècles, elle reste la plus grande église de l’Occident chrétien, jusqu’à ce que Saint-Pierre de Rome la dépasse au XVIe siècle. En 1095, le pape Urbain II consacre son maître-autel. Les bâtiments monastiques sont entièrement reconstruits au XVIIIe siècle, quelques décennies seulement avant le départ des moines.
À la Révolution, l’abbaye est vendue et, à partir de 1798, la grande église est démolie et exploitée comme carrière de pierre ; sa façade est dynamitée en 1810. Il reste moins d’un dixième de Cluny III. Depuis 1901, une partie du site accueille un campus de l’école d’ingénieurs Arts et Métiers, et le Centre des monuments nationaux veille aujourd’hui sur l’abbaye et son musée.