Histoire
Un castrum est mentionné à Berzé en 991 dans une charte de Cluny, avec un donjon de bois et une chapelle carolingienne en pierre. Les seigneurs de Berzé forment la plus ancienne baronnie du Mâconnais et relèvent directement du roi de France. Hugues de Berzé, trouvère et croisé, est inhumé à Tournus. En 1229, un prêt de Cluny permet au seigneur de Berzé de transformer le château en une grande forteresse.
Berzé devient le principal château défensif de Cluny. Livré aux Bourguignons en 1417, il est pris par les Armagnacs en 1420 et repris par Philippe le Bon quatre ans plus tard. Il résiste à Louis XI en 1471, mais en 1591 une armée de la Ligue catholique forte de 1 100 hommes s’en empare après un siège de deux mois. La forteresse est ensuite laissée à l’abandon pendant près de deux siècles.
Déclaré bien national à la Révolution, le château en ruine revient à des mains privées en 1817. Ses nouveaux propriétaires et leurs descendants, la famille Thy de Milly, réparent toitures et planchers, agrandissent les fenêtres dans un esprit romantique et transforment les terrasses en jardins. Ils ouvrent la forteresse au public, et la famille exploite aussi un domaine viticole sur les coteaux environnants.
Architecture
La forteresse s’étage en terrasses derrière trois enceintes successives de plus de 300 mètres de long, épaisses jusqu’à trois mètres à la base. Treize tours subsistent, avec deux donjons et un puissant châtelet d’entrée muni d’une herse. À l’intérieur se trouvent le logis seigneurial, des salles médiévales, des chapelles très anciennes et un puits creusé à 36 mètres dans le roc. Des jardins occupent les espaces entre les murailles.