Histoire
En 1280, Henri du Blé fait bâtir ici une maison forte pour contrôler la route de Cluny le long de la Grosne. Son descendant Antoine du Blé gagne richesse et puissance pendant les guerres de Religion, d’abord au service de la Ligue catholique, puis à celui d’Henri IV, qui le nomme gouverneur de Chalon. À partir de 1606, il remplace la vieille forteresse par un nouveau château dont les façades militaires font écho à la citadelle de Chalon.
Son fils Jacques, proche ami de la reine Marie de Médicis, achève l’aile nord vers 1626 et la fait somptueusement décorer en 1627 et 1628. Fait marquis en 1618, il est tué au siège de Privas en mai 1629, et sa veuve arrête tous les travaux. Les générations suivantes n’y vivent guère, même si le maréchal Nicolas du Blé est exilé à Cormatin par le Régent.
Au XIXe siècle, Lamartine y est souvent reçu, et en 1847 il y réunit ses amis politiques pour rédiger un programme républicain. En 1898, Raoul Gunsbourg, directeur de l’Opéra de Monte-Carlo, achète Cormatin et donne l’été des opéras devant le château, avec des chanteurs comme Caruso. Après des décennies d’abandon, trois amis rachètent en 1980 le château en partie ruiné et le restaurent depuis lors.
Architecture
Trois ailes formaient autrefois un fer à cheval fermé par un rempart à pont-levis, et de grands pavillons gardent les angles extérieurs. Les façades, avec leurs soubassements à bossages et leurs échauguettes d’angle, conservent une allure militaire. L’aile nord, inspirée du palais du Luxembourg à Paris, abrite le grand escalier de 1624, haut d’environ 20 mètres et bâti autour d’un vide central, avec des balustres copiés sur ceux du Luxembourg.