Histoire
En 1113, Étienne Harding, abbé de Cîteaux, envoie le moine Philibert et quelques frères fonder ici la première fille de l’ordre, entre la forêt de Bragny et les marais de la Grosne. Les dons de la cour ducale et des seigneurs locaux, notamment des Gros de Brancion, l’enrichissent rapidement. Avec Pontigny, Clairvaux et Morimond, La Ferté devient l’une des quatre filles aînées de Cîteaux.
L’abbaye est fortifiée en 1415, ce qui n’empêche pas les troupes protestantes de l’amiral de Coligny de l’incendier en 1570. La reconstruction prend des décennies. En 1682, l’abbé Claude Petit fait bâtir le logis abbatial et le cloître, et vers 1760 l’abbé Filzjean de Chemilly ajoute le frontispice central frappé de ses armes. Le dernier abbé fait redécorer les intérieurs par l’architecte chalonnais Rameau, avec le concours du sculpteur Guillaume Boichot.
À la Révolution, il ne reste que quatorze moines, et certains bâtiments abritent une filature de coton. L’abbaye est vendue en 1791, puis l’église et la plus grande partie du monastère sont démolies. Le palais abbatial est épargné et devient le château de la Ferté. Au XXe siècle, il échoit au baron Thénard, descendant du chimiste Louis Jacques Thénard, et il est classé monument historique en 1993.
Architecture
Le palais abbatial est un long bâtiment classique de la fin du XVIIe et du XVIIIe siècle. Un corps central de trois travées, à deux niveaux et coiffé d’un fronton, est encadré d’ailes de quatre travées sous combles à la Mansart et de pavillons d’angle. À l’intérieur, un vaste escalier mène à des salons ornés de boiseries sculptées et garnis de leur mobilier d’origine. Le réfectoire des moines subsiste, et une galerie présente des instruments scientifiques du XIXe siècle.