Ce que vous verrez
La visite guidée vous conduit dans les thermes, avec leur bain froid et l’hypocauste qui chauffait les sols, et au captage de source qui alimentait la villa. Dans l’exposition, observez les blocs sculptés d’un monument à arcades, remployés dans les fondations des thermes : frises et corniches à décor végétal, figures mythologiques, dieux comme Hercule, ou encore un lièvre. Le bassin de captage, gorgé d’eau, a conservé des objets rares, dont une sandale de cuir du IVe siècle et un ex-voto en bois. La visite raconte aussi l’histoire de la nécropole mérovingienne qui s’installa ensuite dans les ruines.
Histoire
Le lieu est habité dès le Néolithique, mais le site est surtout connu pour sa villa gallo-romaine, occupée de la fin du Ier siècle avant notre ère au Ve siècle. Sa partie agricole et sa partie résidentielle couvraient plus de quatre hectares au bord de la voie d’Agrippa, la route de Lyon à la Manche mise en place à partir de 19 avant notre ère. Ses grands thermes, reconstruits à la fin du IIIe ou au début du IVe siècle, servaient sans doute aux voyageurs de la voie autant qu’aux propriétaires. Au Ve siècle, la villa est abandonnée, et de la fin du VIe au VIIIe siècle une nécropole mérovingienne s’installe dans ses ruines, où 354 tombes ont été inventoriées.
Le site est découvert en mars 1955, quand des villageois arrachant un noyer aperçoivent des sépultures prises dans ses racines. Ils appellent Raymond Kapps, professeur et archéologue amateur à Auxerre formé par André Leroi-Gourhan, qui dirige les fouilles avec des bénévoles et des élèves jusqu’en 1983. Daniel Prost puis Pascale Laurent poursuivent le travail, et les fouilles de terrain s’arrêtent en 1998. Les vestiges sont inscrits aux monuments historiques depuis 1992, et la Société archéologique d’Escolives, fondée par Kapps en 1957, anime toujours les visites et les ateliers.